Eglise Protestante d'Ecaussinnes
La Paroisse d'Ecaussinnes-Braine le Comte fut fondée par les soins de la mission Méthodiste. Le temple fut érigé par cette même mission en 1926. La paroisse Protestante d'Ecaussinnes se rattache à part entière à L'Eglise Protestante Unie de Belgique.
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18-06-2007

Prédication du dimanche 17 juin 2007

Evangile

36 Un Pharisien invite Jésus à manger avec lui.

Jésus entre dans la maison du Pharisien et il se met à table.

37 À ce moment-là, une femme de la ville arrive, c’est une prostituée.

Elle a appris que Jésus est dans la maison du Pharisien.

Elle apporte un très beau vase, plein de parfum,

38 et elle se place derrière Jésus, à ses pieds. Elle pleure.

Elle se met à mouiller les pieds de Jésus avec ses larmes.

Ensuite, elle les essuie avec ses cheveux, elle les embrasse

et elle verse du parfum dessus.

39 Le Pharisien qui a invité Jésus voit cela. Il se dit :

«Cet homme n’est sûrement pas un prophète !

En effet, la femme qui le touche est une prostituée, et il ne le sait pas !»

40 Alors Jésus dit au Pharisien : «Simon, j’ai quelque chose à te dire.»

Le Pharisien répond : «Parle, maître.»

41 Jésus dit : «Quelqu’un a prêté de l’argent à deux hommes.

L’un des deux lui doit 500 pièces d’argent, et l’autre 50,

42 mais ils ne peuvent pas rembourser. Alors celui qui a prêté l’argent supprime

 leur dette à tous les deux. Quel est celui qui l’aimera le plus?»

43 Simon répond : «À mon avis, c’est celui à qui il a supprimé la plus grosse

 dette.» Jésus lui dit : «Tu as raison.»

44 Puis il se tourne vers la femme, et il dit à Simon : «Tu vois cette femme?

Je suis entré dans ta maison, et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds.

Mais elle, elle m’a mouillé les pieds avec ses larmes et elle les a essuyés avec ses cheveux.

45 Tu ne m’as pas embrassé, mais elle, depuis qu’elle est entrée,

elle m’embrasse sans cesse les pieds.

46 Tu n’as pas versé de parfum sur ma tête, mais elle, elle a versé du parfum sur

 mes pieds.

47 C’est pourquoi je te dis une chose : ses nombreux péchés sont pardonnés,

Parce qu’elle a montré beaucoup d’amour.

Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d’amour.»

48 Et Jésus dit à la femme : «Tes péchés sont pardonnés.»

49 Ceux qui mangent avec lui se mettent penser :

«Qui est cet homme? Il ose même pardonner les péchés !»

50 Mais Jésus dit à la femme : «Ta foi t’a sauvée. Va en paix !»

8/1 Ensuite, Jésus va dans les villes et les villages. Il annonce partout la Bonne

 Nouvelle du Royaume de Dieu. Les douze apôtres sont avec lui.

2 Il y a aussi quelques femmes. Avant, elles avaient des esprits mauvais

et elles étaient malades, et Jésus les a guéries. Les voici :

Marie, appelée Marie de Magdala. Sept esprits mauvais sont sortis d’elle.

3 Jeanne, la femme de Chouza, un des fonctionnaires d’Hérode Antipas,

Suzanne et plusieurs autres.

Avec leur argent, elles aident Jésus et ses disciples.


PRÉDICATION  

 

L’Evangile de ce matin nous montre Jésus invité à un repas chez Simon, un riche pharisien. Un premier constat que nous pouvons faire à ce stade, c’est que Jésus ne fréquente pas que les pauvres ou les parias, et qu’il a aussi des amis dans le milieu des pharisiens.

Au cours du repas arrive une prostituée. Elle va laver les pieds de Jésus avec ses larmes, les essuyer de ses cheveux et les oindre d’un parfum de grand prix.

 

Avant d’aller plus loin, arrêtons nous aux détails de cet événement :

 

La femme est une prostituée. Inutile de faire un dessin, tout le monde sait de quoi il s’agit. Mais ne nous méprenons pas : il y avait à l’époque en Palestine deux sortes de prostituées : des femmes seules, sans statut marital, qui étaient obligées de se livrer à la prostitution pour survivre tant bien que mal. Il y avait aussi des prostituées sacrées, attachées à certains cultes païens comme celui d’Ishtar. Ces dernières étaient généralement riches. Ce qui semble être le cas de notre personnage, porteuse d’un vase précieux contenant un parfum de prix. Pour Simon, le Pharisien, qui voit Jésus la laisser faire sans mot dire, c’est donc un choc d’autant plus grand, une attitude qu’il ne peut admettre et qu’il ne peut justifier que par le fait que Jésus n’est certainement pas prophète, puisqu’il ne sait pas. Sinon il l’aurait chassée.

Or, la femme se jette aux pieds de Jésus et elle pleure. On peut donc en déduire qu’elle se repent. Elle a ses cheveux défaits, et s’en sert pour essuyer les cheveux de Jésus qu’elle a mouillé de ses larmes… Puis elle les oint avec son parfum.

Cette onction fait penser à celle que projetaient les femmes qui, au matin de Pâques, se rendaient au tombeau du Christ. On peut la voir comme une préfiguration de l’ensevelissement de Jésus.

 

Simon est choqué et il a le sentiment que ce que ses détracteurs disent de Jésus est vrai : c’est impossible qu’il soit un prophète !

Mais Jésus lit dans ses pensées et secoue son hôte d’une manière magistrale : ce dernier, pourtant riche, a manqué aux devoirs les plus élémentaires de l’hospitalité à son égard : il ne lui a pas lavé les pieds, il ne l’a pas embrassé, il n’a pas oint sa tête de parfum. La femme, elle, a fait tout cela, et elle l’a fait sans esprit d’intérêt, sans que ce soit pour elle une obligation : elle l’a fait par amour. Et comme elle a fait preuve de beaucoup d’amour, il lui sera beaucoup pardonné ! Et Jésus d’ajouter : « tes péchés sont pardonnés ».

 

Dans ce contexte de tensions et de controverses, c’est évidemment la phrase qui fâche, celle qu’il ne fallait surtout pas prononcer ! Pour qui se prend ce Jésus de Nazareth ? Seul Dieu a le pouvoir de remettre le péché ! Prétend-il donc être Dieu ?

Mais Jésus ne prétend rien : il est !

 

Puis, sans transition, Luc nous apprend que Jésus va évangéliser les villes et villages de la région, avec ses disciples et aussi avec plusieurs femmes, dont Marie Madeleine, Jeanne, Suzanne et quelques autres. Avant, ces femmes étaient toutes des pécheresses, des perdues. Aujourd’hui, elles collaborent activement avec Jésus et, riches, elles pourvoient aux besoins financiers de la troupe.

 

Voilà une histoire que bien sûr nous connaissons, mais qui nous incite à tenter de répondre à deux questions :

 

Celle de l’accueil inconditionnel de quiconque désire s’approcher de Jésus, et celle non moins cruciale de la place des femmes dans l’Eglise.

 

Même si nos évangiles et nos épîtres sont assez discrets sur la question, il existe en dehors de ces écrits de nombreuses attestations du fait que, dans les premiers temps de l’Eglise, des femmes ont tenu un rôle important dans la diffusion du message et même, selon toute vraisemblance, dans la direction de certaines communautés. Ce semble avoir été le cas de Marie Madeleine qui d’après certains textes dits « apocryphes » (ea les « Actes de Philippe ») aurait été missionnaire au même titre que Paul et  aurait exercé un rôle de premier plan. Du reste, les Actes des Apôtres et les lettres de Paul nous montrent aussi clairement que des femmes ont occupé, dans l’Eglise primitive, des postes à responsabilité.

Ce n’est qu’à partir du 4ème siècle, à une époque où l’Eglise devient aussi une puissance économico-politique, qu’elles vont être mises de côté et que l’on va détruire ou tenter de détruire la plupart des écrits qui mettent leur participation trop en exergue. Si pour nous protestants, aujourd’hui, les femmes ont généralement (du moins dans certaines églises officielles) une place égale à celle des hommes, ce n’est nullement le cas dans l’église romaine ni dans les églises orientales.

 

La question de l’accueil inconditionnel de quiconque et de sa capacité à recevoir le salut est aussi, de nos jours devenue une question cruciale, et lest d’autant plus que certains groupes chrétiens, parmi les plus nombreux optent aujourd’hui pour une fermeture au nom de ce qu’ils appellent les « valeurs chrétiennes ».

 

J’ai reçu cette semaine un mail du CCLJ appelant les hommes et les femmes de bonne volonté à manifester devant l’Ambassade de Pologne à Bruxelles contre certaines prises de position extrémistes . Je vous en livre la substance :

 

Depuis l’arrivée au pouvoir des ultraconservateurs du parti « Droit et Justice » et de la « Ligue des Familles », on constate une inquiétante régression dans la société polonaise. Elle se manifeste par :

 

·       des tentatives pour durcir encore la loi anti-avortement actuellement en vigueur en Pologne, déjà une des plus restrictives en Europe. L’avortement n’y est autorisé que pour des cas extrêmes (viol, inceste, danger grave pour la vie ou la santé de la femme, malformations graves du fœtus). Or, des femmes se voient refuser même les avortements thérapeutiques prévus par la loi. Le gouvernement cautionne ce non respect de la loi et a déposé une proposition visant à rendre l’avortement anti-constitutionnel. Récemment, l’état polonais a été condamné par la Cour Européenne des droits de l’Homme pour avoir refusé un avortement thérapeutique à une femme devenue depuis quasiment aveugle ;

 

·       une multiplication des discriminations et déclarations homophobes en Pologne. Cette montée de l’homophobie concerne plusieurs pays d’Europe. Mais en Pologne, les déclarations incitant à la haine et à la discrimination pour des motifs d’orientation sexuelle sont formulées par des dirigeants publics. Des projets de loi visant à interdire toute information sur l’homosexualité à l’école ou à écarter les homosexuels de certains emplois ont été déposés. Déjà en 2005, la Gay Pride avait été interdite dans la capitale par le maire de l’époque, un des leaders du parti actuellement au pouvoir ;

l

·       la virulence anti-juive du parti « Ligue des Familles » dans un pays où l’antisémitisme est fortement ancré ;

 

·       l’enlèvement de tous les monuments concernant la lutte contre le nazisme, ainsi qu’un projet de loi pour la suppression des pensions des anciens combattants des brigades polonaises en Espagne ;

 

Nous vous appelons donc à nous rejoindre pour manifester notre opposition à la dégradation de la situation en Pologne, Etat membre de l’Union Européenne.

Et pour dire oui à l’égalité, la laïcité et la mixité !

 

En tant que chrétiens, et que chrétiens Réformés, nous devons être attentifs à ces dérives et aux montées de ce que j’appelle souvent les idées de la « morale moralisante ». Nous avons à défendre les positions d’une éthique qui se doit d’être une éthique d’ouverture. Bien sûr nous ne saurions nous déclarer « pour » l’homosexualité, l’euthanasie, l’avortement, le divorce, etc.. Nous pouvons avoir à ce propos des positions très différentes et nuancées.

Mais nous ne pouvons en aucun cas nous déclarer « contre » les hommes et les femmes qui sont concernés par ces pratiques, ni surtout les exclure de nos églises.

Jésus, dans tout son ministère terrestre, a opté résolument pour l’accueil de quiconque venait à lui.

 

Si nous nous prétendons chrétiens, si nous nous réclamons de son enseignement et de sa discipline, nous ne pouvons que nous prononcer nous aussi pour cet accueil inconditionnel et cette absence de jugement. Du reste, si nous pouvons considérer certains choix de vie de nos contemporains comme des manifestations du péché, nous ferions bien de nous examiner nous-mêmes tout d’abord et de prendre la mesure de nos propres défauts, de nos propres failles : il n’y a pas de grand ou de petit péché : cette gradation dans la faute ne relève que de notre perception humaine, pas de celle de Dieu pour qui le péché n’est avant tout qu’une séparation de l’homme dans sa relation à Lui.

 

N’ajoutons donc pas à la peine des hommes, ne les jugeons pas.

 

Et soyons particulièrement vigilants lorsque d’aucuns parlent d’une « restauration des valeurs chrétiennes » ! Ces « valeurs » là sont surtout des valeurs pharisiennes, celles de gens qui se considèrent comme des purs et des justes, des « séparés » par rapport à la foule de ceux qui ne pensent ni n’agissent comme eux. C’est intolérable et ce n’est certainement pas conforme à l’attitude d’accueil et d’ouverture du Christ à l’égard de tout homme. Et partant de là, ce n’est pas chrétien !


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18-06-2007, 08:34:48 Pasteur J.-M. Demarque
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11-06-2007

ECRITS INTERTESTAMENTAIRES ET APOCRYPHES CHRETIENS

Découvrir ensemble les Ecrits Intertestamentaires et les Apocryphes Chrétiens.

Nous vous proposons, à dater de ce mois de juin 2007, une série d’études sur le thème de ces « écrits interdits », parce que cachés et / ou oubliés, qui de près ou de loin non seulement défraient régulièrement la chronique, mais encore apportent souvent un éclairage nouveau sur notre connaissance biblique et particulièrement sur celle des milieux néotestamentaires ainsi que sur les premières communautés chrétiennes.

Les thèmes suivants seront abordés au cours de ces études :

*    Un aperçu de leur milieu de rédaction

*    Leur impact dans l’élaboration de certaines traditions

*    Des grandes découvertes de Nag Hammadi et de Qumran aux dérives du Da Vinci Code »

*    Lecture et analyse décrits apocryphes chrétiens (Evangile de Thomas, Actes de Philippe, etc…)

*    Le mystère de Talpiot.

*    De la LXX à l’élaboration du Canon chrétien actuel.

*    Etc…

Ces études auront lieu deux vendredi par mois, soit dans la salle André Lheureux, soit dans le Temple, de 19h30 à 21h00.

Prochaines séances : les vendredi  15 & 29 juin 2007

Thèmes abordés : introduction (bref survol de la formation du Canon) et lecture commentée de l’Evangile de Thomas.

Bienvenue à tous !

 


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11-06-2007, 09:17:29 Pasteur J.-M. Demarque
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